Présentation
Deux êtres que tout éloigne contraints de cohabiter. Ou l’humain aujourd’hui en situation de conflit.
Après Stone qui traitait de la délinquance sur fond de rock garage, notre compagnie s’adresse à nouveau aux ados en mixant les genres. Et en confiant à Paul Pourveur le soin d’adapter la nouvelle éponyme de Maupassant. Mère Sauvage conte toujours la rencontre forcée entre une mère et un jeune homme, soldat et « ennemi », mais l’auteur plante le décor de cette confrontation dans notre monde contemporain.
« Les guerres modernes sont des machins bizarres, presque irréels - cela commence avec des petits originaux qui essaient de parquer des Boeing dans des tours et cela se termine avec une guerre pour un baril de pétrole dans un désert Irakien. Le monde a le cœur sauvage et la tête un peu déréglée »,
écrit Paul Pourveur.
Le choix du Théâtre de la Guimbarde d’amener cet écrivain de talent par ailleurs bilingue (il écrit en français et en flamand !) vers le jeune public n’est pas anodin. Il n’est pas mineur de s’adresser aux plus jeunes. La Guimbarde fait même le choix d’une écriture singulière et d’un sujet complexe sans toutefois miser sur la complexité du récit.
L’histoire de « Mère Sauvage » est tristement universelle. Un soldat surgit dans une maison réquisitionnée qui appartient à la mère d’un jeune résistant à l’occupation. Ces deux êtres vont être contraints de cohabiter, de tenter de s’adapter, alors que tout semble les séparer.
Cette rencontre culturelle et humaine, Jean-Michel Van de Eeyden a choisi de la faire exister sur scène. En mettant face à face un comédien d'origine africaine et une actrice francophone, en mêlant musiques et danses traditionnelles aux sons digitaux et aux déhanchements agités. « Cette création est une dénonciation, au-delà de la guerre et de son absurdité, du mensonge qui sous-tend chaque conflit. C’est un réquisitoire contre l’arbitraire de toute frontière, idéologique, géographique, économique, sociale…, explique le nouveau directeur artistique du Théâtre de l’Ancre. Elle nous interroge au présent sur notre peur des différences et notre difficulté humaine à les transcender».
Cette nouvelle mise en scène pour La Guimbarde entend poursuivre le travail amorcé avec « Stone »: une scène proche des spectateurs, un langage scénique qui parle réellement aux jeunes, les interpelle, les questionne et les amène à réfléchir et à réagir sur les problèmes d’aujourd’hui. Loin des jeux vidéos et des informations télévisuelles non analysées, la guerre n’est-elle pas d’abord et avant tout la conséquence d’un naufrage de la communication ? L’intention de la compagnie est d’accompagner le spectacle de moments de rencontre et d’actions culturelles donnant la parole aux jeunes et leur permettant d’appréhender les enjeux stratégiques et économiques des guerres.
Une autre volonté de la Guimbarde dans son envie de rencontrer la jeunesse est de décloisonner le théâtre dit jeune public en le sortant de ses circuits habituels. C’est dans cette optique que « Mère Sauvage » a été créé en soirée aux Ecuries de Charleroi-Danse et, par la suite, présenté à la biennale internationale Le Festival de Liège.
Mère Sauvage sera aussi présent aux Rencontres Théâtre jeune public à Huy en août 2009.
Texte : Paul Pourveur, d’après la nouvelle éponyme de Guy de Maupassant
Dramaturgie : Michel Van Loo
Mise en Scène : Jean-Michel Van den Eeyden
Assistanat
et travail physique : Anne-Cécile Massoni, Natacha Nicora
Interprétation : Marc Zinga, Marie Sottiaux, Graziella Boggiano et Marc Malempré
Création sonore : Marc Malempré et Maxime Bodson
Création lumières : Nathalie Borlée
Scénographie : Sarah de Battice
Coordination régie : Florent Baugnet
Régie : Pascal De Thier, Olivier Vincent.
Mère Sauvage est une production du Théâtre de la Guimbarde, en coproduction avec la Maison de la Culture de Tournai, du Théâtre de l’Envol de Viry-Châtillon. Avec l'aide particulière de l’Ancre. Avec le soutien de Théâtre & Publics et du Festival de Liège
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